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La Bulgarie se tourne vers la Russie ?

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Dimanche 13 novembre 2016. Roumen Radev, ancien général des forces armées aériennes, jusqu’à cet été inconnu du grand public, ce qui d’ailleurs pu jouer en sa faveur, a remporté l’élection présidentielle avec 59,35 % des voix, selon les résultats officiels. Sa candidature était soutenue par le Parti socialiste (BSP ex-parti communiste).

Il a créé la surprise en devançant sa rivale Tsetska Tsacheva (36,17 % des voix), candidate du parti au pouvoir (GERB), et actuelle présidente de l’Assemblée nationale, dès le premier tour. Elle était pourtant favorite dans les sondages et  avait rassemblé une grande partie de la droite bulgare autour d'un projet de développement des relations avec l’Union européenne.

 

 

Il est élu pour cinq ans et succède à Rossen Plevneliev, issu du parti au pouvoir, qui avait une attitude critique envers le président russe.Radev micros
Ce dernier aurait pu briguer un deuxième mandat, mais avait décidé en mai de ne pas se représenter, pour raisons personnelles.

Comme il l'avait promis, dès la publication des résultats, le Premier ministre Borissov (GERB) a annoncé la démission de son gouvernement. Cette réaction à ce reves ne mènera pas forcément à une période d’instabilité politique, car selon la Constitution de juillet 1991, le Président de la République, encore en fonction jusqu’au 22 janvier 2017, ne peut dissoudre le Parlement dans les 3 mois avant la fin de ses fonctions. Il faudra donc nommer un gouvernement pour gérer les affaires courantes en attendant que le nouveau Président convoque de nouvelles législatives.

Tout d’abord, il convient de noter que dans le régime parlementaire bulgare, la fonction présidentielle est essentiellement protocolaire. Par conséquent, l’élection d’un nouveau président n’implique pas automatiquement la formation d’un nouvel exécutif.

Si c'est le gouvernement qui définit la politique étrangère, le président a des fonctions représentatives à l'étranger (il est également chef des armées et signe les traités).

Les orientations du nouveau Président

Roumen Radev a prôné l’assouplissement des sanctions européennes contre la Russie et le développement des relations avec celle-ci (la Bulgarie dépend de la Russie pour certaines ressources essentielles, comme le gaz )et a déclaré que « la Crimée est ukrainienne en droit, mais de facto russe ». Il estime également que la Bulgarie doit avoir une « position active » et « pas docile » au sein de l'Union européenne et de l'OTAN mais précise que : « l'appartenance de la Bulgarie à l'UE et à l'OTAN n'a pas d'alternative, ça ne signifie pas que nous devons nous déclarer ennemis de la Russie ».
En février dernier, il s'était opposé au Parlement bulgare qui avait autorisé la participation d'avions de l'OTAN à la protection de l'espace aérien national, faute d'équipements nationaux modernes. Une « humiliation » pour le pays, d’après lui. Quand ses opposants lui attribuent des prises de position pro-russes, il rappelle sa formation au Maxwell College des forces aériennes des États-Unis et le fait qu’en tant que commandant des forces aériennes, il a autrefois participé à la planification d'exercices de l'OTAN.
« Je ne suis ni pro-russe, ni pro-américain, mais pro-bulgare ». Sur la question migratoire, qui fut au centre des débats de la campagne présidentielle, le général Radev veut avoir une politique intransigeante à l'égard des migrants. « Nous sommes obligés d'aider les réfugiés, mais les migrants d'Afghanistan et du Pakistan doivent être renvoyés. Sauf si nous voulons suivre l'exemple de la France, de la Belgique.

Le général Radev est surnommé le “général rouge” par ses opposants qui voient en lui un pro-russe, mais la moitié des Bulgares pensent qu'il sera un président “autonome”, selon un sondage de l'institut Alpha Research.

 

Particularités de cette élection

Cette élection présidentielle diffère des précédentes par de nombreux aspects :

- c’est la première à voir une femme se qualifier pour le second tour des élections présidentielles.

- le nombre de candidats en lice au premier tour (21).

- la participation : faible traditionnellement, mais en augmentation (57,47 % au 1er tour et 51,2 % au 2ème tour).

Pour les Bulgares, dépasser les 50 % est un record. D’ailleurs, en 2006, la réélection du Président sortant au premier tour par plus de 60 % des voix avait dû être confirmée par un second tour en raison de la participation de moins de 50 % des inscrits. Pour la même raison, un référendum sur le nucléaire avait dû être invalidé en 2003..

Pour remédier à l’abstention des dernières années, le vote a été rendu obligatoire pour la première fois le 6 novembre. Même s’il a bien été annoncé qu’aucune sanction ne serait exercée (un référendum pour le rendre obligatoire de façon permanente a été organisé simultanément, ainsi que deux autres sur le mode d’élection et le financement des partis).

-les électeurs avaient le choix au 1er et au 2ème tour pour la première fois de choisir un vote comptabilisé “Je ne soutiens aucun de ces candidats”. Ce vote ne correspondant ni à un vote blanc ni à un vote nul était donc susceptible de remporter les élections. Avec près de 6 % au 1er tour et un peu plus de 4 % au second, le Tribunal constitutionnel de Bulgarie devra éclaircir les modalités à suivre en cas de victoire de cette nouvelle possibilité de vote

Affaire à suivre donc.

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