Connexion

Mission ExoMars : le module européen Schiaparelli s'écrase au sol

Note utilisateur: 0 / 5

Etoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactives
 


L’Agence spatiale européenne confirme que l’engin s’est écrasé sur la Planète rouge, mercredi 19 octobre. L’impact a été photographié par une sonde de la NASA.

Les équipes de l’ESA n’ont plus aucun espoir d’entrer en contact avec l’engin, qui devait communiquer pendant environ huit jours des données météorologiques et environnementales.
 Largué quatre jours plus tôt par la sonde TGO (Trace Gaz Orbiter), il devait passer en six minutes d’une vitesse de 21 000 km/h à 10 km/h seulement, avant de se poser.


La sonde martienne américaine MRO (Mars Reconnaissance Orbiter)a photographié le site où Schiaparelli s’est écrasé: on distingue la tâche blanche de son parachute et, distante d’un kilomètre, la zone d’impact.

 Selon toute vraisemblance, un bug informatique pourrait être à l’origine du crash de l’atterrisseur de la mission européenne ExoMars (ise à jour novembre 2016).
C’est Andrea Accomazzo, directeur de la division des missions solaires et planétaires à l’agence spatiale européenne (ESA) qui en fait l’hypothèse dans la revue Nature. Un porblème de traitement des données provenant des différents capteurs aurait pu faire croire à Schiaparelli qu’il se trouvait à une altitude plus basse qu’il ne l’était en réalité.
 Les spécialistes de l’agence spatiale européenne (ESA) ont pu établir que le parachute et le bouclier thermique se sont éjectés de façon prématurée.
Quant aux rétrofusées elles n’ont fonctionné que 3 secondes alors qu’elles auraient dû être en action dix fois plus de temps. Et ce, car l’ordinateur de Schiaparelli avait estimé que l’engin était déjà en place sur la planète Mars, précise Futura-Sciences. L’atterrisseur était pourtant loin du sol. Il aurait effectué une chute libre de 2 à 4 kilomètres pour ensuite s’écraser à 300 km/h à la surface de Mars.

La destruction de Schiaparelli ne condamne pas la mission ExoMars, puisque l’élément le plus important était la sonde TGO, qui va analyser l’atmosphère martienne. Si l’hypothèse d’un bug informatique se confirmait, il s’agirait d’un moindre mal pour l’ESA.
Un défaut des éléments de l’engin spatial serait plus délicat à corriger. L’agence européenne qui n’a jamais réussi à poser d’engin sur Mars compte bien réexpédier un nouveau module lors de la mission ExoMars 2020, qui est maintenue.

Pour ce qui concerne TGO, qui doit mesurer les gaz présents dans l’atmosphère martienne à partir de 2017, tout est en ordre. Il lui faudra cependant encore un an pour se stabiliser sur la bonne orbite, en freinant progressivement au contact de la haute atmosphère martienne – des manœuvres qui ne sont pas sans risque.
Ce premier volet de la mission russo-européenne ExoMars peut donc au choix être perçu comme un semi-échec ou un demi-succès : les Etats-Unis restent ont encore deux rovers en activité, Opportunity et Curiosity, sur Mars, et sont les seuls après les Soviétiques à s'y être posé sans casse. En  effet, en 1971, l'URSS fut le premier pays à poser un engin à la surface de Mars : Mars-3  put déployer son atterrisseur qui fonctionna à la surface pendant près de 20 secondes (source: un blog fort intéressant).

La précédente tentative européenne, en 2003, s’était traduite par la perte du petit Beagle 2, qui n’avait jamais donné signe de vie.
Mais l’Europe dispose tout de même de deux orbiteurs actifs autour de la Planète rouge, Mars Express (lancé en 2003) et TGO. Ce dernier doit aussi servir de relais lors de la seconde partie d’ExoMars, qui prévoit l’envoi d’un robot en 2020, lequel aura pour mission de creuser le sol de la planète.
L’échec de Schiaparelli pourrait compliquer les négociations de l’ESA en décembre auprès des ministres de l’espace européens pour boucler le budget de la mission : une rallonge de 300 millions d’euros, sur un total de 1,5 milliard, est notamment espérée pour faire face au surcoût lié au report à 2020, au lieu de 2018 initialement, de sa seconde partie.

(photos ESA)

© 2021 Portail russe de France